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Si je ne fais pas de jeux, mon enfant s'ennuie... Qu'est-ce que je peux lui proposer ?

· Anthony Stephanov

Le but de cet article n’est pas de faire une liste des différentes activités possibles pour votre enfant. Là je vois déjà la déception sur certains visages mais rassurez-vous, ce blog vous donnera, je l’espère, quelques idées d’activités que nous avons déjà essayé dans nos structures comme par exemple l’activité pâtisserie présentée dans un autre article.

L'ennui chez le jeune enfant

Il s’agit ici de parler de la notion d’ennui pour le jeune enfant ou plutôt ce que nous, adultes, interprétons peut être à tort comme de l’ennui. Vous en conviendrez, entre un enfant qui observe ce qui se passe autour de lui et nos états adulte de rêvasserie, la frontière est très mince. Or, de notre interprétation nait une croyance quelque peu tronquée.

En effet, beaucoup pensent, et c’est légitime, que l’enfant doit faire plein d’activités pour ne pas s’ennuyer et qu’en plus, en multipliant les activités dirigées, les enfants apprennent mieux. Or, en partant de cette idée, nous mettons en place des activités dans l’unique but de les stimuler ou les occuper mais nous le faisons en oubliant que le cerveau du jeune enfant ne connait pas l’ennui.

Les jeux simples sont importants

En réalité, tout ce qui va alimenter les canaux sensoriels de l’enfant (le toucher, la vue, le goût, la température, les odeurs) va favoriser le développement des principales structures neuronales de son cortex. C’est donc ce que nous voyons comme un jeu banal qui est souvent très important pour l’enfant. Prenons un exemple simple : un enfant qui a deux lego dans une main et un seul dans l’autre va déjà résoudre des problèmes mathématiques dans son cerveau. Il va d’abord se rendre compte que deux légos sont plus lourds qu’un seul, puis qu’il est plus difficile de porter deux lego plutôt qu’un donc deux semblent être plus grand qu’un.

Tous les adultes sont passés par ces questions, par ces problématiques en étant enfant mais nous l’avons naturellement oublié car ces opérations sont le plus souvent inconscientes. Quoiqu’il en soit, ces jeux à priori anodins ont participé à notre compréhension du monde.

L'observation

De même, nous parlions un peu plus haut de l’observation des enfants. En structure petite enfance, nous savons à quel point très jeunes les enfants ont une finesse dans la connaissance des objets : cette tétine est à tel enfant, ce doudou est à un autre mais plus étonnant, ils sont très souvent capables de nous dire à qui appartient le tee shirt ou les chaussettes. C’est bien parce qu’ils ont dû à un moment s’arrêter dans leur jeu pour analyser toutes les informations autour d’eux.

L'adulte reste le meilleur jeu

Qu’on se le dise, l’adulte reste et restera le meilleur jeu, le meilleur stimulant pour nourrir le petit cerveau d’un enfant. Les gommettes et la peinture ne sont qu’accessoires. Notre rôle est d’offrir un espace où l’enfant pourra réaliser ses expériences. Partager le temps de l’enfant entre des moments de jeux libres et des temps individuels où il pourra être accompagné par son ou ses parent(s) permettra à chaque parent de ne pas sentir de culpabilité si son enfant semble « ne rien faire ». Gardons en tête que dans son cerveau, il ne fait jamais rien et que sa curiosité naturelle le guidera toujours vers de nouvelles découvertes.

Juillet 2019

Anthony Stephanov - Éducateur de Jeunes Enfants et Directeur chez Païdou

Photo by Jelleke Vanooteghem on Unsplash

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